Travailler à l’international : Comment trouver efficacement un emploi à l’étranger ?

shutterstock_221793769Vous êtes diplômé, vous souhaitez voir autre chose et trouver un travail ou un stage à l’étranger ; vous avez raison !

Dans un marché où la croissance est atone, l’expatriation est une solution tant pour les entreprises que pour les jeunes diplômés. Pour les entreprises, c’est l’occasion de conquérir de nouveaux marchés, de profiter de la croissance d’autres pays pour continuer à se développer.

Pour les jeunes diplômés c’est un moyen d’échapper au ralentissement des recrutements, de faire valoir des compétences reconnues comme rares dans un autre pays et d’accéder plus rapidement à des responsabilités. C’est aussi une ouverture culturelle, un moyen de voyager pour ceux qui n’ont pas eu l’occasion de faire un échange à l’étranger au cours de leurs études  ou  de recommencer pour les addicts à l’expatriation.

Néanmoins, trouver un travail à l’étranger n’est pas simple. Différence de langue, impossibilité de passer des entretiens physiques, concurrence avec les locaux,  autant de barrières qui pourtant ne démotivent pas une part grandissante d’actifs. En effet, la proportion de jeunes diplômés attirés par l’expatriation est passée de 15% à 27% de janvier 2012 à janvier 2014[1]

Réussir à trouver un travail à l’étranger demande beaucoup de recherches et de patience. Pour optimiser votre temps  il vous faudra concevoir votre expatriation comme un véritable business plan avec ses cibles, ses atouts et ses points faibles et sortir de votre zone de confort pour aller là ou les autres ne pensent pas aller. Voici quelques conseils pour y parvenir :

  • 1) Définir son projet, ses pays cibles et sa plus-value.

La première étape consiste à définir le type de poste désiré par rapport à ses compétences et ses affinités personnelles.  Ce choix pourra faire l’objet d’adaptations en fonction des postes qui s’exportent le mieux.

A titre d’exemple les cursus juridiques sont par définition difficiles à exporter sauf certaines spécialités en droit des affaires. Cependant, si vous avez fait un bi diplôme droit-gestion vous pouvez tenter les postes de contrôleur de gestion. De même, si vous avez rejoint une école de commerce dans le cadre de votre cursus des postes en marketing ou business développement sont plus accessibles pour un départ à l’étranger que ceux limités à des fonctions juridiques seulement.

La deuxième étape  réside dans le fait de cibler un ou plusieurs pays notamment au regard des langues que vous parlez pour concentrer vos recherches. Ne pas avoir de destination précise est une bonne chose au niveau de la flexibilité si vous candidater uniquement en répondant à des annonces. Néanmoins, cibler une zone géographique permet de mieux comprendre les besoins des entreprises dans la région et d’adapter en conséquence votre candidature surtout s’il s’agit d’une candidature spontanée. En démontrant votre aptitude à connaitre des problématiques d’un secteur d’activité précis dans une région du monde vous attirerez plus facilement l’œil des recruteurs plutôt qu’en présentant un profil généraliste lambda qui ne sort pas du lot.

La troisième étape consiste à définir sa ou ses plus-values. En effet, pour convaincre des employeurs à l’étranger il va vous falloir démontrer une plus-value pour l’entreprise que les salariés locaux n’ont pas. A compétence égale les locaux seront toujours prioritaires par rapport à vous.

Déceler cette plus-value qui va rendre crédible votre candidature n’est pas une chose facile et nécessite un travail de recherche. Or, les moyens dont vous disposez en terme de temps et d’énergie ne sont pas illimités ce qui justifie l’intérêt d’un ciblage des pays concernés.

Cette plus-value variera selon les régions géographiques, les époques et les secteurs d’activité.

Elle peut résulter de la qualité des enseignements que vous avez suivis dans une université mondialement connue. Il peut aussi s’agir des langues que vous maitrisez, parler plusieurs langues européennes est un atout recherché dans certains secteurs en Asie ou au Moyen Orient. Il peut enfin s’agir de choix internes à une entreprise. Ainsi, dans leur implantation internationale, certaines entreprises Françaises proposent des VIE pour leurs postes de contrôleur de gestion. En effet, ce métier impliquant l’usage d’informations sensibles, certaines sociétés préfèrent ne pas déléguer cette tâche à des salariés locaux.

En conséquence, il est important de connaitre les compétences recherchées dans les pays et secteurs visés. Une fois ce travail effectué, vous devez vous présenter comme détenteur de ces compétences et ainsi démontrer que vous allez apporter une réelle plus-value à l’entreprise. Il est indispensable de se présenter comme un spécialiste titulaire de ces compétences plutôt qu’en généraliste car dans ce cas votre plus-value sera moins visible et l’entreprise préfèrera recruter un employé local. N’oubliez jamais qu’à compétences égales,  l’entreprise fera toujours le choix de la sécurité en recrutant un salarié local.

  • 2) Le contrat de VIE (Volontariat International en Entreprise) ; une porte sur l’expatriation

Le VIE est aujourd’hui le graal pour les jeunes diplômés qui souhaitent s’expatrier. Ce contrat fait par des entreprises Françaises pour les moins de 28 ans présente de nombreux avantages tant pour les entreprises que pour les salariés.

Les offres de VIE sont principalement regroupées sur le site civiweb, néanmoins ce n’est que la partie immergée de l’iceberg puisque beaucoup d’entreprises proposent ces contrats en interne ou directement sur leur propre site internet.

Répondre aux offres sur civiweb est un bon début pour trouver un VIE mais pour maximiser vos chances il vous faudra aller au-delà. En effet, on estime à près d’un tiers les VIE qui ont été négociés directement par le candidat avec l’entreprise. Il s’agit fréquemment de PME désireuses d’exporter leur activité. A cette fin le site civiweb propose des conseils sur la façon d’aborder ces entreprises et leur expliquer les avantages du contrat de VIE. Trouver un VIE de cette manière est plus difficile mais présente l’avantage d’éliminer la concurrence, un argument de taille quand on sait que les annonces les plus prisées sur civiweb atteignent plusieurs centaines de candidatures.

Considéré par beaucoup comme la voie royale, le VIE n’est pas la seule alternative pour travailler à l’étranger. Un autre moyen reste de négocier un contrat local en prospectant directement dans la région. Une telle possibilité est d’autant plus opportune dans les pays limitrophes, notamment l’Angleterre ou l’Allemagne,  dans lesquels il est facile de se déplacer à moindre coût.

L’avantage est double. D’une part il permet d’accéder à un plus grand nombre d’offres et d’autre part il s’agit d’une occasion de rencontrer directement l’employeur. Se déplacer directement dans le pays peut effrayer mais en pratique les risques sont minimes. De plus, peu de candidats agissent ainsi ce qui réduit la concurrence et augmente vos chances.

Il est conseillé d’envoyer plusieurs dizaines de candidatures quelques semaines avant son départ en indiquant les dates de disponibilité dans le pays visé en proposant un entretien aux employeurs intéressés. Un tel business trip s’accompagne d’une prise de contact avec des expatriés sur place pour discuter, autour d’un café, des opportunités d’affaire dans la région. En faisant cela vous pourrez tisser un réseau dans votre pays cible. De même, n’oubliez pas de réfléchir à la façon dont vous pourriez aider ces interlocuteurs qui prendront du temps pour discuter avec vous. Le meilleur moyen de vous assurer de leur soutien dans votre recherche d’emplois à l’étranger est de les aider en retour.

Pour rencontrer des expatriés sur place vous pouvez participer aux évènements organisés par les associations Françaises dans le pays ciblé (ex : UFE, Alliance Française, etc.) ou les contacter via des réseaux sociaux professionnels (linkedin, viadeo, etc.) ou non professionnels (blog expat, couchsurfing, etc.). Il existe une réticence naturelle à contacter un inconnu mais il va vous falloir surmonter cette peur et sortir de votre zone de confort. Dites-vous que si vous faites un message personnalisé et poli, dans le pire des cas on vous oubliera au bout d’une semaine ou deux, au mieux vous pourriez rencontrer LA personne qui vous orientera vers un travail, d’où l’importance du réseau, autre élément clé dans votre recherche d’emploi à l’étranger.

  • 3) Le réseau

Une des premières choses à faire dans la recherche d’un emploi à l’étranger consiste à lister les personnes au sein de son entourage qui pourraient avoir des informations utiles par rapport au poste et à la destination désirée. Cherchez bien au sein de vos amis ou amis d’amis, de leurs frères, sœurs et parents, il y a forcément des gens qui, même s’ils ne vous donneront pas un job, pourraient vous délivrer des informations clés sur les secteurs porteurs dans le pays que vous ciblez.

Un CV en anglais déjà préparé est un pré requis. Développez votre profil linkedin qui sera votre vitrine et participez aux évènements et rencontres organisées dans votre secteur en lien avec l’international. N’oubliez pas que les gens seront plus à même de vous aider si vous avez su créer un contact humain avec eux, par téléphone ou en face à face, plutôt que seulement par l’envoi de mails. Considérez l’utilisation de réseaux sociaux comme un moyen de provoquer la rencontre dans la réalité.

En conclusion, provoquez des rencontres, soyez curieux et pensez à être la ou les autres ne sont pas.

Enfin, quelque soit l’avancement de vos recherches, ne vous découragez pas, vous êtes sur la bonne voie !

Alexis Brunet

M2/MBA Droit des affaires – Université Panthéon-Assas.

 


[1] Site l’Etudiant : étude sur les jeunes diplômés. Lien : http://www.letudiant.fr/static/uploads/mediatheque/EDU_EDU/6/6/167366-barometre-2013-de-l-humeur-des-jeunes-diplomes-deloitte-ifop-janvier-2014-original.pdf

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