Quand la transparence fait frémir la marque employeur

Qu’ont en commun les sites Indeed et Glassdoor mise à part leur origine anglo-saxonne ? Les deux ont bousculé les codes de la recherche d’emploi. Rois de la recommandation pour les RH, ces nouvelles plateformes numériques créées en 2004 et 2008 se sont lancées dans la transparence des entreprises. Commentés, notés, appréciés : Indeed et Glassdoor sont les nouveaux TripAdvisor de la marque employeur.

La marque employeur n’appartient plus à l’entreprise

Depuis 2014, les candidats à un emploi ont un nouveau réflexe. Au lieu d’aller sur le site internet de l’entreprise qu’ils souhaitent intégrer pour comprendre sa politique et voir si le label « Best place to work » apparaît sur la page d’accueil, ils préfèrent se diriger vers Glassdoor et Indeed. Mais quelles raisons poussent ces candidats à bousculer leurs habitudes ? Tout simplement car ces sites regorgent d’avis des employés eux-mêmes sur leurs entreprises, d’indications sur les salaires par postes et sur  les avantages sociaux : le tout partagé publiquement mais anonymement.

Si un contrôle est effectué avant publication pour garantir la véracité des informations, l’entreprise est tout de même mise à nue. Tout le monde sait tout de sa culture, de ses locaux, de son processus de recrutement et de l’appréciation du PDG. La marque employeur n’appartient plus à l’entreprise mais aux employés, aux ex-employés et aux candidats qui se fient aux recommandations sur les réseaux sociaux.

 

La transparence des entreprises, une stratégie perturbatrice ?

«Travaillez ailleurs si vous le pouvez ! » : les entreprises vont devoir affronter de plus en plus souvent ce type de commentaire peu avantageux. Certains responsables des ressources humaines prédisent même un «tsunami» dans les années à venir. En effet, les directions générales et les responsables de communication devront composer avec un canal d’informations impossible à filtrer et donc une perte de contrôle de l’image de l’entreprise. Les responsables des ressources humaines devront s’habituer à recevoir des candidats mieux informés, notamment sur le déroulement des entretiens d’embauche et les salaires auxquels ils peuvent prétendre. «Glassdoor nous oblige clairement à repenser notre manière de travailler », explique Emmanuelle Grosclaude, responsable des ressources humaines de L’Oréal Suisse. « Tout ce qui se passe au sein de l’entreprise peut être diffusé très rapidement, que ce soit par un collaborateur ou un candidat après un entretien d’embauche par exemple. Du coup, les exigences en matière de qualité sont exacerbées.

Les rôles sont désormais inversés : Avec ces outils, ce n’est plus le candidat qui est passé à la loupe mais l’entreprise. 

Charlotte Krief

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