Les conséquences économiques du téléchargement illégal

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Avec l’essor d’internet, il était inévitable que le partage de fichiers peer-to-peer et le téléchargement illégal plus communément appelé piratage se développent de manière exponentielle.

Aujourd’hui qui peut prétendre ne jamais avoir téléchargé un fichier illégalement sur internet ? La question des impacts du piratage est assez critique tant ces habitudes sont devenues un moyen d’accès à la culture communément admis par la population.

Un changement de donne pour les industries

C’est indéniable, le téléchargement illégal cause des pertes dans le domaine artistique. L’évolution technologique actuelle n’est plus en accord avec le mode de fonctionnement de ces industries. Acheter de manière physique, un disque ou un dvd, semble désuet à l’heure du streaming et de la musique en ligne. Il empêche cependant l’essor de ces nouveaux modes (légaux) de consommation.

En outre, il impacte indirectement les entreprises qui servent la consommation intermédiaire de ces industries. A titre d’exemple, l’on peut citer les sociétés qui s’occupent de la fabrication des jaquettes qui voient une baisse de leur croissance au fil du temps.

La loi HADOPI censée remédier à tous ces maux, constitue ce que l’on pourrait qualifier d’un mauvais retour sur investissement. Instaurée en 2010, le budget de l’institution durant les quatre années qui ont suivi sa création a été estimé à un peu plus de 44 millions d’euros[1]. Même s’il est très difficile de donner une approche de l’apport généré par ce gendarme du net, il est évidemment bien loin du coût que nécessite son fonctionnement.

Il n’y a eu que très peu de condamnations, et lorsque c’était le cas, elles variaient généralement entre 300 et 500 euros, l’amende maximale de 1 500 euros n’a été que très rarement atteinte[2]. C’est pourquoi le Sénat estime aujourd’hui que cette loi est inefficace et envisage de la réformer voire la supprimer.

De nouveaux modèles économiques en perspective

Pour le secteur musical, le téléchargement illégal devient le principal agent modificateur dans cette industrie qui doit s’adapter à l’évolution du marché. Un artiste interprète ne touche qu’une part minime du prix de vente de son disque. Ses principaux revenus relèvent des concerts, des droits d’auteurs et des divers contrats que l’artiste peut conclure avec des marques par exemple. Ainsi, la perte liée au téléchargement, c’est-à-dire à la baisse des achats de disques, serait largement compensée par les autres gains.

En outre, le téléchargement au-delà de ses effets économiques a des effets sociologiques en permettant un meilleur accès à la culture. C’est pourquoi certains considèrent qu’il ne tue pas le cinéma ou la musique, mais qu’il les alimente en les rendant plus accessibles à tous.

Une étude commissionnée par le gouvernement néerlandais[3] au sujet de l’impact du téléchargement illégal, estime que celui-ci apporterait près de 100 millions d’euros par an à l’économie néerlandaise. Les raisons évoquées sont que le partage de fichiers, permet aux internautes d’accéder à un large choix de biens culturels, et de découvrir des contenus avant de les acheter par la suite. Par conséquent, les personnes qui ne téléchargent pas ne sont pas forcément celles qui achètent le plus.

Si l’on suit ce raisonnement, la loi HADOPI qui vise à punir ceux qu’on appelle les pirates, marcherait à contre-sens car elle sanctionnerait les agents principaux de cette économie.

Clara COUDOUIN

[1] « Hadopi aura coûté 44 millions en 4 ans et rapporté à peine 1000 euros… » Webzen, 20/08/14

[2]  » Hadopi : On risque quoi ? » radiovl.fr

[3] Astrid Girardeau, « Le piratage et ses effets positifs sur l’économie » , Libération  20/01/09

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