Les biocarburants vont-ils à terme remplacer les énergies fossiles ?

Longtemps abandonnés et critiqués, les biocarburants reviennent aujourd’hui dans le débat politique et s’inscrivent dans les analyses relatives à la transition énergétique.

Définition

Les biocarburants sont des carburants issus de matière organique, que l’on regroupe sous le terme de biomasse. Les biocarburants sont pour le moment utilisés en complément de combustibles fossiles. On distingue deux branches de biocarburants, les huiles végétales servant à la fabrication du biodiésel, et la famille des alcools (en particulier l’éthanol, que l’on obtient à partir de végétaux tels que la canne à sucre, le maïs, la betterave) servant à la fabrication du bioéthanol.

Les trois générations de biocarburants

On distingue trois filières de biocarburants, selon l’origine de la biomasse utilisée pour leur production (il s’agit de la classification la plus utilisée).

1ère génération

Il s’agit de la catégorie de biocarburants fabriqués à partir de ressources alimentaires : canne à sucre, betterave, maïs, colza, graines de moutarde, etc.

Cette catégorie est la seule actuellement produite à l’échelle industrielle. Néanmoins, leur quantité doit être contrôlée dans la mesure où ils créent une situation concurrentielle avec l’industrie alimentaire. C’est pourquoi les chercheurs sont en train de réfléchir à d’autres procédés, via la deuxième génération de biocarburants.

2ème génération

Ces biocarburants sont, comme les biocarburants de première génération, fabriqués à partir de végétaux. La grande différence est qu’il s’agit de végétaux non alimentaires : déchets agricoles, bois, cellulose, etc. Leur production à l’échelle industrielle est prévue pour 2020.

3ème génération

Encore à l’état de recherche, il s’agirait de produire des carburants à partir d’algues microscopiques, plus précisément en mettant en place un processus d’extraction d’huile contenue dans les algues.

Les politiques d’incitation à la production de biocarburants

Pour inciter les producteurs au développement des biocarburants, les Etats pratiquent différentes politiques d’incitation.

En effet, la production de biocarburants est relativement coûteuse et ceux-ci ne sont rentables que si le prix du baril de pétrole est élevé. Ainsi, si les biocarburants viennent à remplacer le pétrole, les prix à la pompe ne vont pas diminuer, et risqueraient même d’augmenter, sauf à ce que les Etats compensent ce surplus par une forte défiscalisation.

Actuellement, la France a mis en place un régime de défiscalisation de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICE) afin de favoriser l’usage des biocarburants. Toutefois, le projet de loi de finances pour 2014 prévoit, sur le long terme, une suppression définitive de cette aide fiscale au 1er janvier 2016.

Un autre dispositif vise à inciter l’incorporation de biocarburants dans les combustibles fossiles. Il concerne les entreprises ayant une activité polluante, à l’instar des fabricants de peinture, des entreprises de traitement de déchet, etc. Si ces entreprises introduisent des biocarburants dans leur système de production, elles verront en contrepartie le taux de la Taxe Générale sur les Activités Polluantes diminuer.

Sur le plan européen, la politique agricole commune (PAC) mise en place en 1992, a été révisée en 2003 afin de créer une aide à la culture énergétique (ACE). Par cette aide de 45 euros par hectare, l’Union Européenne entendait inciter les agriculteurs à augmenter les surfaces réservées à la production de plantes destinées aux biocarburants.

Ce qu’il faut retenir

Les biocarburants ont de l’avenir devant eux. Il est peu probable que la première génération puisse remplacer totalement les énergies fossiles, en raison de la concurrence problématique avec l’industrie agroalimentaire. De même, pour les biocarburants de deuxième génération, cela impliquerait une déforestation à grande échelle, ce qui va à l’encontre des objectifs fixés par les Etats en termes de diminution des gaz à effet de serre notamment, et d’exigences environnementales. Tout reposerait donc sur les travaux des chercheurs relatifs aux biocarburants de troisième génération. A suivre…

Pierre Allemand

 

Un commentaire

  1. Bien vite, si l’on est un peu informé, on s’aperçoit qu’il est impossible pour les agrocarburants de remplacer les carburants traditionnels.

    Pour une question de surface d’abord.

    http://energeia.voila.net/transport/agrocarburant_pv.htm

    En France, cela prendrait 1,7 fois la surface des terres cultivées ou 1,1 fois celle des terres agricoles (cultures+prairies).

    Du photovoltaïque sur des parkings consomme 120 fois moins de surface, laquelle est plus que disponible et ne touche pas aux terres cultivées.

    Si on ajoute l’éolien et les autres énergies renouvelables, on a la solution pour remplacer le pétrole dans les transports.

    Les agrocarburants de 2e génération ne feront pas mieux, tout en consommant plus d’énergie et de produits chimiques pour leur production.

    Quant à ceux de 3e génération, le bilan global énergie consommée / énergie produite n’est pas brillant, proche de zéro ou négatif.

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