L’émancipation progressive de Cuba

cubaCuba ou l’île aux couleurs marxistes, a connu bien des aventures et connaît aujourd’hui une véritable transition économique.

De la politique…

Bien avant la chute de l’union soviétique, Cuba a établi un régime castriste entre 1959 et 1969. La révolution cubaine a eu lieu avec pour fil conducteur, une politique marxiste qui évinçant tout individu réfractaire au pouvoir. A cette époque, le conflit est déjà présent entre l’île et les Etats-Unis . En effet, Fidel Castro a choisi l’URSS en tant qu’allié, au lieu des Etats-Unis, ce qui a fait naître des tensions. En 1961 le Président Eisenhower choisi de rompre toute relation diplomatique avec l’île, ce que poursuivra Kennedy dans sa politique.  En 1962, est apposé l’embargo américain sur Cuba, symbole de privation de liberté du peuple cubain qui se retrouve enfermé et discriminé sur une île isolée.

Les conséquences de cette barrière vont avoir une incidence sur l’économie  du pays qui ne pourra plus entrer sur la scène du commerce international. La chute de l’URSS en 1991 induit une aggravation de la situation du pays. On constate qu’entre 1991 et 1994, le Produit intérieur brut (PIB) du pays a diminué de 35%. Dans un contexte international gelé par la guerre froide, où les Etats-Unis sont les gendarmes du Monde, Cuba n’a pas son mot à dire. En 1992, après son arrivé à la Présidence des États-Unis; George W. Bush Père intensifie les sanctions contre la population cubaine notamment avec l’adoption de la Loi Torricelli qui a pour objet de limiter de nouveau le commerce fluvial des transporteurs internationaux avec le pays. De la même façon, tout pays opérant une assistance à l’île sera sanctionné par les Etats-Unis. L’embargo américain limite alors non seulement les flux commerciaux, mais surtout les investissements étrangers. Il faut ajouter à cela le problème de la monnaie double qui limite l’élargissement du secteur privé. En quelques mots, la monnaie double est plus communément appelé « double système de change». Ce double système se caractérise par la mise en place de deux monnaies dans le pays. On a d’un côté le peso, qui est une monnaie convertible avec le dollar, et de l’autre côté, le peso cubain, qui est convertible avec aucune monnaie. Par conséquent, il est difficile de connaître la véritable valeur de la monnaie cubaine, étant donné qu’une monnaie peut être assimilée à la valeur de l’autre, et qu’une autre ne l’est pas. Non seulement, ce double système de change ne favorise pas l’investissement étranger, mais aussi pose un véritable problème en matière   d’échange monétaire. A partir de 2006, les restrictions s’intensifient, Cuba ne peut plus bénéficier d’une coopération médicale internationale. Un véritable huit clos s’est installé peu à peu au sein du pays.

Toutefois, des discussions en juillet 2014 ont rétablies peu à peu des relations diplomatiques entre les Etats-Unis et Cuba. Appuyée par la volonté de Barack Obama d’apaiser les relations entre les États-Unis et l’île, l’Organisation des Nations Unies (ONU) a fait voter des résolutions sur  la levée de l’embargo du pays mais s’est heurtée à la réticence des républicains. En effet, depuis 1996, seul le Congrès américain est compétent pour lever ou non cet embargo économique. L’année 2014 marque aussi l’autorisation pour les entreprises étrangères de s’installer sur l’île, ce qui n’était pas le cas depuis 50 ans. C’est le 17 Décembre 2014, que Raul Castro et Barack Obama appellent à la normalisation des relations entre les deux pays. Finalement, le 20 Juillet 2015, la réouverture des ambassades et les relations diplomatiques se sont intensifiées entre les deux pays. Désormais, depuis Janvier 2016, les américains peuvent vendre de nouveau du matériel aux agriculteurs et entrepreneurs privés. De la même façon, que les américains peuvent désormais avec des dérogations, se rendre sur l’île pour de courts séjours. Cette émancipation progressive a donné lieu en Mars 2016 à des allégements commerciaux plus avantageux permettant aux américains d’acheter et de consommer des produits cubains. Dorénavant, les américains peuvent également se rendre sur l’île pour des besoins dits humanitaires. Un véritable changement s’opère au fur et à mesure, et laisse place à une future levée de l’embargo américain. Aujourd’hui beaucoup de mesures de liberté sont présentes au sein du pays, ce qui laisse place à une naissance nouvelle de Cuba sur la scène internationale. Depuis 1928, aucun Président ne s’était rendu à Cuba, il aura fallu attendre le 20 Mars 2016 pour que le Président des Etats-Unis, Barack Obama, se rende à la Havane afin d’officialiser son rapprochement avec le pays. Aujourd’hui, le pays est libéré économiquement  après plus de cinquante ans. Autrement dit, le pays s’ouvre peu à peu sur la scène internationale. Les vols à destination de Cuba, sont à présent disponibles. Cette ouverture vers le Monde, va permettre au pays de relancer progressivement son économie. La levée de l’embargo est très proche. L’apposition du drapeau américain sur le territoire cubain en est désormais le symbole. Ce changement est historique pour l’économie du pays mais surtout pour son peuple.

aux Droits de l’Homme et du citoyen

L’ouverture du pays sur le Monde va permettre à la population cubaine de vivre plus décemment et de se mondialiser après des années d’isolement. Le concert des Rolling-Stone qui a eu lieu à la Havane en mars 2016, illustre l’ouverture économique mais aussi culturelle du pays. Cependant, au-delà de ces aspects, la situation économique et politique du pays met à mal son peuple qui doit faire face à des pénuries de consommation. La mise en place d’une politique de nationalisation des industries durcie par Fidel Castro et reprise aujourd’hui par son frère Raul Castro, ainsi que les restrictions financières toujours actuelles conduisent à des conditions de vie difficiles pour la population. Un exemple très simple en témoigne, la population cubaine doit détenir un carnet de rationnement appelé ‘’’la libreta’’, afin de pouvoir accéder aux produits de base. Les produits de base étant le sucre et ses dérivés. La population doit se contenter d’un minimum pour survivre. Les droits de l’homme sont alors bafoués au nom des intérêts des Etats, ce qui pourrait s’assimilé à une dictature assez prononcée.

Spéculation sur l’avenir de Cuba

Très récemment, au mois de Janvier 2016, le gouvernement de Cuba a reconnu avoir besoin de 8 milliards de dollars afin de s’en sortir économiquement. C’est pourquoi, les cubains souhaitent convaincre les investisseurs étrangers d’investir dans différents domaines tel que l’énergie, la construction, les biotechnologies et autres, afin de relancer leur économie. Il est certain que la levée de l’embargo induit un profit économique, non seulement pour les Etats-Unis, qui verront leurs exportations ainsi que leurs parts de marché augmenter très fortement ; mais aussi pour plusieurs pays dont la Chine, qui verront également leurs exportations en direction de la Havane augmenter. Par ailleurs, aujourd’hui le tourisme est un domaine en plein essor, ce qui laisse la possibilité aussi à d’autres pays d’y investir. C’est le cas notamment de la France qui invite les américains à la levée de l’embargo

 

Aujourd’hui l’Histoire a changé.

 

Mathilde Ralambomiadana

  • Alternatives économiques, L’histoire de Cuba
  • Challenges, situation économique de Cuba
  • Le Monde, la levée des sanctions de Cuba

 

 

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