Le manager face au Burn Out ou syndrome d’épuisement professionnel

Connu au Japon sous le nom de « Karoshi », qui signifie mort par surmenage, le burn out n’est en France toujours pas reconnu comme maladie professionnelle, faute de statistiques. Le suicide le 23 juillet dernier du Directeur général de Swisscom, Carsten Schloter, est l’occasion de revenir sur cette notion.

Le burn out ou syndrome d’épuisement professionnel est une maladie liée au travail. Le docteur Herbert Freudenberger, psychiatre américain, est le premier, en 1974, à tenter une caractérisation du burn out : «certaines personnes sont parfois victimes d’incendie, tout comme les immeubles. Sous l’effet de la tension […], leurs ressources internes en viennent à se consumer comme sous l’action des flammes, ne laissant qu’un vide immense à l’intérieur, même si l’enveloppe externe semble plus ou moins intacte». Une définition plus récente des psychologues Wilmar Schaufeli et Drik Enzmann définit le burn out comme un état permanent négatif lié au travail se produisant chez des individus normaux et se caractérisant essentiellement par une fatigue générale, du stress, un sentiment de diminution des compétences, une baisse de motivation et le développement d’une attitude dysfonctionnelle à l’égard du travail.

Le syndrome d’épuisement professionnel est composé de quatre phases. D’abord, la phase d’alarme caractérisée par un stress persistant trouvant son origine dans la présence d’éléments stressants et qui va conduire au développement de premiers symptomes. D’une part, des troubles somatiques : maux de ventre, douleurs musculaires, rythme cardiaque plus élevée. D’autre part des troubles psychologiques : chute de l’estime de soit,  état de tristesse, désespoir, anxiété, troubles du sommeil. Ensuite la phase de résistance durant laquelle, même si les éléments stressant persistent, le corps devient plus résistant d’où l’absence de symptômes visibles. Puis la phase de rupture due à l’exposition continue aux éléments stressant qui créent une rupture entraînant la réapparition des réactions caractéristiques de la phase d’alarme tout en les rendant irréversibles sans traitement approprié. Enfin, la phase d’épuisement : les défenses psychologiques du patient sont déréglées le rendant émotionnellement invalide et le plaçant dans une perpétuelle angoisse.

Les causes de l’épuisement professionnel peuvent être diverses : surcharge de travail, manque d’autonomie, de récompense, d’esprit de groupe, d’équité ou encore l’existence de valeurs contradictoires entre la mission de l’entreprise et le travail au quotidien (Christina Maslach).

Une fois le burn out diagnostiqué, la première consigne est d’arrêter de travailler, pendant une période pouvant aller de six semaines à plusieurs mois. Ainsi, Hector Sants, dirigeant en charge de l’éthique pour la banque d’investissement Barclays, devra prendra du repos jusqu’à la fin de l’année pour cause « d’extrême fatigue et de stress ». Durant ce repos forcé, qui peut entrainer un sentiment de culpabilité, le patient doit bénéficier d’un suivi psychiatrique et psychologique lui permettant de reprendre une hygiène de vie et un fonctionnement de vie corrects.

La prévention du burn out doit se faire à deux niveaux. Au niveau individuel, il convient d’avoir une bonne hygiène de vie, de pratiquer une activité physique régulière et veiller à préserver un certain équilibre entre sa vie professionnelle et sa vie privée. Au niveau de l’entreprise la prévention du burn out passe par l’aménagement de la charge de travail, donner davantage de contrôle aux travailleurs, apporter de l’estime et des récompenses aux travailleurs, assurer un traitement équitable et la sécurité de l’emploi pour les travailleurs.

Samuel Zittoun, Interne en Psychiatrie et Paul Miazga.

Sources, pour en savoir plus :

Martine Glauser. BURN OUT : Comment ne pas se faire happer par l’épuisement professionnel en tant que travailleur social ?

Maslach C., Leiter M. (2011). Burn Out : le syndrome d’épuisement professionnel.

Paris : Les Arènes

Article sur le Burn Out

URL : http://www.burnout-institute.org/infos/presse/JournalConseil_mars2013.pdf

Pour aller plus loin : Stéphane Richard – Le bien-être au travail

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