La machine Amazon

 

shutterstock_174134675

L’explosion de la bulle internet a entraîné par ricochet l’explosion des services en ligne. En 2014, Le marché de l’e-commerce en France pesait plus de 56 milliards d’euros. Premier bénéficiaire du genre : Amazon, numéro 1 mondial de l’e-distribution de la controverse. Précurseur en la matière, Le mastodonte lancé par Jeff Bezos en 1994 a su, avec l’impulsion de son créateur, se métamorphoser au gré de la demande au fil des années. Depuis, plus rien ne l’arrête, et en vingt ans, il a su imposer sa place. Il domine le marché de la vente à distance et rares sont ceux qui n’en n’ont jamais entendu parler.

DE LA LIBRAIRIE EN LIGNE AU MASTODONTE DE LA DISTRIBUTION, IL N Y’A QU’UN CLIC

Amazon à sa création n’était qu’une simple librairie en ligne qui, grâce à l’essor d’internet, s’est diversifiée en offrant ses services à une plus large clientèle. Force est de constater des années plus tard que cette stratégie s’est avérée payante. Aujourd’hui, la vente de livres constitue la 2e source de chiffre d’affaires d’ Amazon avec 9 milliards de dollars de bénéfices, devancée par la vente de produits électroniques (25,8 MDS). Les articles divers de beauté et de santé se positionnent quant à eux en troisième place (5,6 MDS). Le cabinet de conseil OC&C Strategy Consultants, a mené une étude mesurant l’attractivité de 900 enseignes de distribution et place en 2015 le géant américain comme étant la société préférée des français, suivie de Picard et Yves Rocher. Cette préférence s’explique principalement par un bon rapport qualité prix, une large gamme de choix et un service client disponible de façon presque permanente. « Cette distinction encourage l’ensemble des équipes d’Amazon en France à faire toujours plus, chaque jour, pour renforcer la sélection d’articles, maximiser la disponibilité des produits recherchés et contribuer à l’amélioration de l’expérience client » précise Frédéric Duval, country manager France d’Amazon.

Il devient difficile de satisfaire des consommateurs de plus en plus exigeants. Amazon l’a compris et bichonne sa clientèle. La politique du client roi porte ses fruits : grâce à la simplicité de son site web, le leader américain enregistre près de 15 millions de visiteurs en France et référence 183 millions de produits divers et variés à prix attractifs. Tous ces facteurs font qu’Amazon réussit à fidéliser sa clientèle et comptabilise en 2014 un chiffre d’affaire mondial de 89 milliards de dollars.

UNE RÉUSSITE AU CŒUR DE LA CONTROVERSE

Le PDG d’ Amazon, Jeff Bezos a été accusé de mener à bien sa conquête au détriment de ses salariés en leur imposant de rudes conditions de travail. Il s’est même vu décerner en 2014 le titre de « pire patron au monde » à l’issue d’un sondage mené par la Confédération syndicale internationale (CSI) dont la secrétaire générale, Sharan Burrow, a déclaré qu’« en Allemagne, Amazon traite ses travailleurs comme s’il s’agissait de robots et d’ailleurs, la société ne cache pas son intention, d’ici quelques années, de remplacer son personnel par des machines. Les conditions de travail sont tellement pénibles que des ambulances stationnent régulièrement à l’extérieur des entrepôts pour recueillir des membres du personnel ». Pour assurer la satisfaction de sa clientèle et une livraison promise en 48h, Amazon exploite ses salariés en négligeant volontairement leur bien-être, pire encore, en rendant leurs taches plus pénibles qu’elles ne le sont déjà. Douleurs dans le dos et aux articulations sont monnaie courante comme le rapporte Jean Baptiste Malet, journaliste infiltré en tant qu’intérimaire de nuit dans l’entrepôt d’Amazon à Montélimar : « même si son parcours est optimisé par un logiciel, le préparateur de commande, marche entre 20 et 25 kilomètres par vacation. Il y a aussi ces longs moments, le plus souvent vers 3h30 pour ma part, où les jambes se pétrifient ». Dans un souci de productivité massive, les employés considérés comme des bons éléments sont surnommés les «Amabots», autrement dit les robots d’Amazon. Ils sont divisés en quatre groupes : les eachers reçoivent la marchandise, ensuite, les stowers la rangent dans les hangars, puis, les pickers sillonent l’entrepôt pour prendre les produits et préparer les commandes. Enfin les packers emballent le tout. Au delà des conditions de travail physiquement et psychologiquement difficiles, Amazon flirte avec les limites du légal en contraignant ses salariés à signer des clauses leur interdisant de pouvoir témoigner, ou en les faisant travailler sans qu’ils aient encore signés leur contrat.

Asf RIAHI

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'une étoile *

*