Kidzania : Le parc d’attraction où les petits sont de vrais grands

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Travailler et gagner un salaire dès l’âge de 4 ans ? KidZania l’a rendu possible. Tandis que l’insouciance est un sentiment propre aux enfants, le parc d’attraction veut leur inculquer les valeurs du travail et du capitalisme dès leur plus jeune âge.

Alors que nombre d’adultes rêverait de retomber en enfance pour ne plus avoir à gérer les tracas du quotidien, chez KidZania, les enfants sont bien loin du monde de Disney, et perçoivent déjà des salaires qu’ils doivent gérer. Responsabiliser à outrance et immerger des enfants dans le monde marchand et la vie active est-il une bonne idée ?

Une conception pédagogique de la vie ?

Dès l’âge de 4 ans, les enfants chez KidZania peuvent exercer le métier de leur choix puisqu’une soixantaine de métier leur est proposée. Ces petits travailleurs KidZanians, comme on les surnomme, exercent de vraies activités comme chez les grands. Cuisinier d’hamburgers chez McDonald’s, banquier chez HSBC,  Technicien automobile chez Renault,  livreur chez DHL, vendeur chez H&M ou même avocat en se payant des études à l’université, accessible dès l’âge de 6 ans.

Le salaire versé se fait en KidZos, la monnaie locale, et les enfants kidZanians peuvent les dépenser à leur guise dans sucreries, jouets et autres. Les plus prévoyants d’entre eux peuvent aller voir leur banquier pour lui faire part de leur envie d’épargner le gain de leur labeur dûment mérité, car oui, les enfants peuvent aussi ouvrir un compte bancaire et bénéficier d’une carte de crédit. La question se pose de savoir si ce parc fournit vraiment une image fidèle de ce qui attend ces enfants une fois adultes : une économie de plein emploi où on choisit librement son poste et où on a le privilège de changer de carrière toute les 25 minutes n’est pas une reproduction fidèle de la vraie vie. Cependant, Joël Cadbury, directeur général de Kidzania Londres, estime « qu’on leur enseigne les valeurs de la vraie vie. […] Rien ne tombe du ciel. Ils doivent gagner le droit de profiter de la vie »
.

Une omniprésence des marques

Avec la collaboration de près de 800 marques, le financement du projet Kidzania se fait à près de 50% grâce aux partenaires de KidZania[1]. Le fondateur mexicain, Xavier Lopez assure que les marges réalisées sont à hauteur de 20 à 30%, et le retour sur investissement de la construction d’un parc, se fait de trois à cinq ans. En effet, le parc KidZania peut coûter jusqu’à 35 millions de dollars, et le prix d’une entrée pour un enfant peut varier de 15 dollars à Mumbai jusqu’à 40 dollars à Tokyo. Pour plus de réalisme, les vraies marques sont omniprésentes. D’un côté, c’est grâce à ces partenaires que l’achèvement de l’idée originale de Xavier Lopez a été possible. Pour les entreprises représentées au sein de Kidzania, il s’agit d’une démarche marketing originale et plutôt très efficace car en apparaissant dans ce faux monde de grand, ils touchent directement des millions d’enfants qui ne sont autre que les consommateurs de demain. Pas étonnant que pour certains parents, KidZania représente un éloge du capitalisme et encourage une éducation des enfants fondée sur le consumérisme.

Marketing poussé à l’extrême pour les uns, apprentissage de la réalité pour les autres, les concepteurs du parc quant à eux assurent mener à bien une expérience pédagogique : « Il s’agit d’ouvrir les yeux des enfants aux réalités de la vie”, continue Joël Cadbury. Il reste aux parents de décider quelle réalité ils ont réellement envie d’inculquer à leurs enfants..

                                                                                                 Georges Abou Al Dahab

[1] Jude Webber, Déjeuner avec Xavier Lopez Ancona  : « KidZania, la république des enfants à la conquête du monde », 15/08/2014, Le nouvel économiste

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