Ils sont fous ces coréens !

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L’auteur

Ils sont fous ces coréens est roman d’Eric Surdej, un français qui cumule aujourd’hui 30 années d’expérience dans le secteur de la distribution et plus précisément dans le secteur de l’électronique grand public. Il a notamment été cadre chez Philips, directeur général chez Toshiba France, PDG chez LG, et il travaille aujourd’hui en tant que directeur général chez Fnac.
Concernant ses études, Eric Surdej est diplômé de l’Institut d’Administration des Entreprises de Paris, de Sup de Co Troyes et il est également titulaire d’un MBA (qui est le diplôme international d’études le plus élevé).

Le témoignage d’un ex-PDG.

Paru en février 2015, Ils sont fous ces coréens est le témoignage de l’ancien directeur général de la filiale française du groupe coréen Life is good (LG). L’auteur nous raconte les différentes péripéties qu’il a pu vivre pendant ses dix années au sein de la firme.
Il nous explique tout au long du livre à quel point la mentalité coréenne crée ce qu’il appelle des « forcenés de l’efficacité ». Plus largement, ce livre nous montre, du point de vue d’un cadre occidental, ce qu’est le management des firmes high-tech coréennes.

Une culture permanente du fait et du résultat.

La thèse essentielle du livre fait ressortir l’idée selon laquelle l’univers LG est constamment sous pression. Cette atmosphère d’angoisse est remarquable dès les premiers jours d’Eric Surdej dans l’entreprise. A peine arrivé dans son bureau (en 2004 en tant que cadre), celui-ci a par exemple entendu le PDG se quereller avec son collaborateur et finir la conversation en lui jetant un annuaire sur la tête. Plus largement, ce qui ressort du livre est que chez LG, absolument tout est minutieusement calculé.  À commencer par la situation géographique de l’entreprise, qui se trouve à Villepinte, non loin de l’aéroport Charles de Gaulle afin d’économiser les temps de transport. La pause déjeuner, moment supposé de décompression pour les travailleurs, n’échappe guère à la règle : celle-ci à tout le temps lieu à midi pile et prohibe toutes conversations « inutiles ». Pas question donc de décompresser et d’oublier le travail pendant la pause. Un autre exemple, la notation des cadres. Ceux-ci sont en effet notés mensuellement en fonction des objectifs qu’ils sont censés atteindre. Et la règle stipule que si le cadre n’a pas rempli plus de 95 % de ses objectifs, il est de ce pas sur la sellette et risque de perdre son emploi. Et si par miracle il atteignait les 100 % ? On lui donnerait alors de nouveaux objectifs à atteindre, avec bien sûr le risque d’être licencié dès le mois qui suivra si ceux-ci ne sont pas atteints. Il n’y a pas de sociologie dans l’organisation donc, plutôt un système ultra-drastique, presque féodal. Malgré l’expérience que l’auteur avait pu acquérir chez des firmes asiatiques comme Sony ou Toshiba, il comprend vite qu’ici l’aventure sera différente et incomparable. En effet, dans une firme coréenne, « seule compte la culture permanente du fait et du résultat ».

Un état d’esprit aux aspects religieux.

Il existe une très forte hiérarchisation des individus chez LG.

Le récit nous explique par exemple que dans la filiale française, tous les cadres étaient en compétition pour faire partie d’un groupe de 400 cadres supérieurs. Cette place, obtenue après avoir passé un grand oral ainsi qu’une formation très difficile en Corée du Sud, était perçue comme le Graal.

Pour donner une idée de ce à quoi peut ressembler cette formation, celle-ci a une durée de deux semaines : deux semaines où l’on travaille 6 jours sur 7, de 7h à 21h30, et où les supérieurs expliquent, presque religieusement, à quel point LG est fantastique. Il va de soi que les cadres supérieurs doivent prêter allégeance et promettre de se donner corps et âme pour arriver aux objectifs et augmenter sans cesse par tous les moyens le chiffre d’affaire annuel.

Une mentalité à mettre en lien avec un contexte historique.

Historiquement, il n’est pas sans dire qu’il existe une forte rivalité entre le Japon et la Corée du sud.  Cet antagonisme proviendrait notamment de l’annexion de la Corée par le Japon dans la première moitié du XXe siècle. La mentalité coréenne résulterait donc de l’existence d’un esprit revanchard à l’égard du pays du Soleil-Levant. On remarque en effet qu’aujourd’hui, les conglomérats coréens, à l’instar de Samsung ou LG, donnent du fil à retordre aux firmes japonaises comme Sony, notamment en proposant des produits très en vogue aux consommateurs du monde entier. Une hyper-compétition est donc omniprésente entre les deux pays, et celle-ci ne peut être gagnée que par le biais d’une vision manichéenne du travail qui permettrait une efficacité sans égal.
Eric Surdej explique qu’avec le temps, les japonais se sont occidentalisés. Cette évolution culturelle s’est conséquemment répercutée sur le travail qui est devenu plus humain et moins acharné.

A contrario, les coréens sont restés dans une culture plus traditionnelle, confucéenne et centrée sur la famille. Ce traditionalisme existe notamment parce que le pays, historiquement, n’a pas connu l’immigration.
Depuis la fin de la guerre coréenne en 1953, la Corée du sud est devenue une économie de marché. Elle est d’ailleurs la 11e puissance économique mondiale depuis les années 60. Cela est dû à un management très strict, focalisé sur le travail et l’efficacité. L’objectif des coréens est de transformer les entreprises, fondées et financées par de riches familles (Les Lee chez Samsung, les Koo chez LG, etc.) en dynasties empiriques à travers le temps.

Quelques remarques du rédacteur : 

La force de ce livre est de nous faire étudier un cas d’entreprise nous permettant de comprendre un peu plus ce que sont le management, la stratégie d’entreprise et surtout comment ceux-ci sont pensés en fonction des pays, des cultures, et plus largement des entreprises.

Par ailleurs, ce livre permet également au lecteur d’ouvrir son esprit, et de connaître un peu plus la Corée du Sud, le Pays Du Matin Calme… et du travail !

RACHY Samy

Sitographie :

Colombain Jérôme, France info, « ‘Ils sont fous ces coréens’ (Eric Surdej, ex-patron LG France) ».

LSA Commerce & Consommation, « Le carnet des décideurs, par LSA ». 

2 commentaires

  1. Très bel article ! Ça donne vraiment envie de lire ce livre.

  2. Un articlé très intéressant. On comprend bien l’idée : la Corée travaille dur, et la Corée évolue (économiquement) grâce à ce travail.

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