Les finances de l’Etat Français sont-elles si catastrophiques ?

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La France a retrouvé tardivement le chemin de la croissance, mais beaucoup reste à faire sur la gestion des finances publiques.

Le début de mandat de la gauche a donné lieu à des prises de décisions peu favorables à la consommation. (Suppression des heures supplémentaires défiscalisées, hausse d’impôts). Une conjoncture économique  difficile venant s’ajouter à cela, les investissements ont chuté et la croissance a stagné en 2014. Bien loin de la catastrophe, l’économie française a retrouvé le chemin de la croissance avec 1,1% en 2015 et 1,7% de croissance prévu pour 2016.

Il reste néanmoins des axes de progression telle que la réduction du déficit budgétaire qui reste un élément important. L’État consomme plus que ce qu’il a dans les caisses. Cette réduction du déficit passe par une utilisation efficiente des dépenses publiques. Par ailleurs, les décisions prises pour adoucir la fiscalité et la gestion des entreprises depuis 2014 (CICE, Pacte de responsabilité) commencent à porter leurs fruits, puisque l’exportation initialement prédominante est dans une dynamique de convergence vers l’importation.

Le retour de la croissance

Après une stagnation de 0,2% en 2014, le PIB français a retrouvé le chemin de la croissance en 2015 avec une augmentation de 1,1% du PIB.  Certes, ce n’est pas suffisant pour faire reculer le chômage, ni pavoiser, mais cela représente un signe de reprise économique. Peut-on pour autant dire que la France va mieux ?

La croissance du PIB au premier semestre 2016 est de 1,5%. Ce bon chiffre est en parti obtenu grâce à la consommation qui augmente de 1,2%, stimulée par la baisse des prix du pétrole et des taux d’intérêt.

L’Evolution du PIB Français depuis 1962, montre qu’il n’a cessé d’augmenter à la hausse, la reprise est donc là, mais la croissance n’a pas encore atteint son niveau d’avant crise, ni même celles de certains pays développés. La croissance française reste tout de même à la traîne comparativement à celles de Etats-Unis, Royaume-Uni et de l’Allemagne.

Intéressons-nous un instant au cas des USA. En 2009, après avoir atteint le même niveau de récession que la France, la croissance américaine a très vite redémarré pendant que la croissance française fluctuait entre 0 et 1 %. Mais ce n’est pas alarmant, les vents de croissance commencent toujours aux USA pour ensuite atteindre les autres continents.

D’un autre côté, si l’on compare avec la croissance allemande, la croissance française ne permet pas de dire que l’économie va mieux. Après avoir connu une chute brutale entre 2010 et 2012, la croissance allemande est répartie à la hausse, et atteint 1,7% en 2015.

Enfin, l’évolution de la croissance dans des pays comme l’Espagne et l’Italie, a montré que la croissance française a bien résisté à la crise économique. De 2007 à 2015, la France a connu une croissance beaucoup plus forte que ce que ces deux pays ont connu. Le rebond de la croissance de l’Espagne en 2014 et 2015 intervient après deux années de récession.

Le chemin de la croissance retrouvée, la France doit mettre en place les reformes indispensables pour gagner en compétitivité pour les entreprises nationales et en attractivité pour les capitaux étrangers.

La majorité des recettes proviennent de la TVA

La grande majorité des recettes de l’État viennent des prélèvements fiscaux, dont 48% de TVA.

La TVA est un impôt indirect qui peut casser la croissance, car elle constitue un frein à la consommation des plus modestes et favorise les plus riches. Même si le volume de TVA payé par les riches est plus élevé que celui des plus modestes, la proportion de TVA payée par rapport au revenu des premiers est largement inférieur à celui des seconds. Les recettes fiscales de 2016, ont bien montré qu’il serait nécessaire d’actionner des leviers d’impositions afin de favoriser la consommation des plus modestes.

Maîtrise des dépenses et réduction du déficit public 

On est loin du record de dépenses atteint en 2010, même si les dépenses publiques restent toujours à un niveau élevé. En 2015, l ‘État a diminué ses dépenses de plus d’un milliard d’euros. Cette première diminution depuis 2011 traduit une bonne tenue des dépenses. L’État peut faire mieux en matière de gestion, puisque les dépenses de fonctionnement représentent 30% du montant total, elles ont même augmenté de 1,3% en 2015.

Le gros morceau des dépenses de l’État revient aux prestations et autres transferts. Il faudrait une gestion davantage efficiente, orientée vers des choix stratégiques en ce qui concerne les dépenses publiques pour maintenir une bonne dynamique.

Amélioration du solde commercial

Les exportations françaises se portent bien, ce qui conduit à atteindre presque le même niveau que les importations. Cette dynamique se traduit par une hausse de 4% des exportations alors dans le même temps, les importations ne croient que de 1%. En effet, depuis 2011, quand bien même elle serait toujours en déficit commercial, la France a réduit la part des importations par rapport aux exportations, ce qui traduit une amélioration de la balance commerciale.

La Comparaison avec l’Allemagne ne laisse cependant pas de place au doute, la France à des efforts à faire pour être plus compétitive au niveau international. Lorsque les exportations françaises augmentent de 4%, les exportations allemandes augmentent de 6% pour l’année 2015. Ce qui se traduit par un excédent commercial record de 248 milliards d’euros pour la première puissance économique en Europe. Les matériels de transport et les équipements, machines sont parmi les plus gros succès à l’exportation du « made in France » Quant à l’Allemagne, elle exporte surtout des voitures, des machines-outils et des produits chimiques.

La dette publique en hausse continue

La balance des paiements de la France étant négative depuis plusieurs années, car le solde budgétaire et commercial sont tous les deux négatifs, la solution est de s’endetter pour faire face aux dépenses.

La dette de la France connaît une augmentation ininterrompue depuis des années qui a dépassé les 90% en 2013. L’augmentation de la dette n’est pas en soi inquiétante, ce qui l’est davantage est la capacité d’un État à trouver des créances à des conditions acceptables, et pour le moment, la France est considérée comme un pays dans lequel on peut faire confiance. Les taux d’endettement sont parfois même négatifs. La dette en pourcentage du PIB français a augmenté à la hausse entre 2006 et 2015.

La gestion financière de l’État français s’améliore en 2015, il reste des efforts à faire pour réduire l’endettement, mais il n’y a pas de catastrophe.

Mohamed Haidara

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