Travailler chez KPMG, une expérience en or ?

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Rencontre avec Sylvie Bernard-Curie, associée DRH en charge de la gestion du développement des talents de KPMG.  Cette diplômée de l’EDHEC s’est doublement spécialisée en audit conseil juridique et fiscal, et gestion du personnel. « Je suis entrée en cabinet d’audit, car initialement je voulais faire du conseil en organisation mais au fond je rêvais de devenir psychologue» nous confiera celle qui est à l’initiative de toute la création du département ressources humaines de KPMG en France.

References_corp-kpmgen chiffres

  • 60 000 candidatures par an
  • 238 bureaux en France
  • 8200 collaborateurs
  • 1600 recrutements en 2016
  • 30 à 40 % d’embauche suite au stage

Le Petit Journal de l’Economie  : Quels sont les  grands corps de métiers chez KPMG ?
Sylvie Benard-Curie : Il s’agit de l’advisory, l’audit et l’expertise comptable.
Tout d’abord, les métiers de l’advisory chez KPMG consistent en du conseil grand compte. Les équipes accompagnent les entreprises dans leur projet de transformation et d’amélioration de leurs performances. Celles-ci sont accompagnées dans leur gestion et leur management afin de gérer au mieux leur volonté de changement.

La partie audit est la plus importante chez nous. L’auditeur est celui qui vérifie et certifie la sincérité et la régularité des comptes de l’entreprise. Dans la partie audit, l’activité est divisée en secteur de taille plus ou moins importante. Cela permet à l’auditeur de choisir l’environnement dans lequel il évolue. Choisir un secteur par lequel on est attiré est un facteur de motivation important.

Pour vérifier et certifier les comptes, l’auditeur a toujours une période de découverte de l’entreprise : comment elle fonctionne, où sont les risques, comment les résoudre ? C’est un métier en constante évolution car aujourd’hui les datas analytics permettent d’anticiper ce que on s’attend à trouver dans les états financiers grâce à l’étude d’un certain nombre de données. On est bien loin de l’auditeur rentrant simplement des chiffres dans un tableau Excel.

Enfin, nous trouvons chez KPMG, l’expertise-comptable. Il s’agit d’une profession règlementée, régie par l’ordre des experts-comptables. Elle consiste souvent à accompagner les dirigeants des TPE-PME. Cette partie peut être considérée comme le pont nécessaire entre les métiers de l’advisory et de l’audit. Le rôle de conseil est tel, que quand une entreprise a besoin de fusionner, d’un plan de financement, ou d’être appuyée auprès de sa banque, l’expert-comptable est presque toujours sollicité.

LPJE : Quel est l’avantage de travailler dans un groupe tel que le vôtre ?
SBC : Travailler dans une grande structure a de réels avantages car la palette de métiers à disposition du salarié est très importante. Nous sommes un des seuls cabinets qui réussit à avoir dans la même structure ces trois métiers (expertise comptable, advisory et audit). Au sein de KPMG, les mobilités internes sont importantes. Par exemple, certaines personnes partagent leur activité entre l’audit et l’advisory. Cela permet au salarié de pratiquer des essais et de choisir la voie qui lui correspond réellement. KPMG possède 238 bureaux en France, cela facilite forcément les mobilités géographique également. Si l’advisory est presque uniquement implanté à Paris, le pôle expertise-comptable est présent sur tout le territoire national.

LPJE : Quels sont les métiers les plus recherchés par les jeunes diplômés ?
SBC : En terme de volume de recrutement, le métier qui recrute le plus est l’audit pour les débutants, puis vient l’expertise, et l’advisory ferme le podium. Chez les expérimentés, au contraire, l’expertise-comptable et l’advisory arrivent en tête. Cependant cela varie d’une année à une autre selon plusieurs facteurs : les besoins de croissance, les métiers qui se développent, ou encore des départs à la retraite.

LPJE : Vos jeunes recrues diplômées sont-elles toutes issues d’écoles de commerce ?
SBC : C’est important pour nous d’avoir une large palette de profils. Pour les recrutements bac+5, et sur l’ensemble de la France nous recrutons en majorité des jeunes diplômés d’école de commerce, soit environ 55 à 60 %. Les diplômés d’université représentent 30% de notre recrutement et les écoles d’ingénieur de 10 à 15%. Si on prend l’exemple des grands comptes en advisory, il y’aura un pourcentage un peu plus élevé de jeunes diplômés issus d’écoles d’ingénieurs, et un peu moins issus d’université.

LPJE : Quelle est la fourchette de rémunération pour un auditeur junior?
SBC : La fourchette de rémunération pour la partie grands comptes est celle du marché soit 33k -42k. Il faut savoir qu’un diplômé d’une université de province n’aura pas le même salaire qu’un diplômé de Dauphine ou d’école de commerce par exemple. Cependant, les  évolutions en termes de responsabilité et de salaire font rapidement disparaître ces différences.

LPJE : Quelles qualités recherchez-vous chez vos collaborateurs ?
SBC : Tous les recruteurs recherchent des personnes avec un minimum d’expérience, dotées d’une bonne formation, d’une bonne culture. Ce qui différencie un candidat lambda de celui qu’on aimerait avoir comme collaborateur, sont des qualités telles que la curiosité, l’aptitude à développer des relations, le sens de l’initiative et de l’agilité ! Le candidat doit pouvoir se remettre en question et se mettre facilement à la place du client.

LPJE : Quelles sont les évolutions de carrière envisageables ?
SBC : Le secteur de l’audit est un secteur très jeune. C’est une première étape de construction de carrière. Par la suite, les jeunes auditeurs continuent généralement sur cette voie jusqu’à devenir senior. Chez KPMG les évolutions se font rapidement ; les jeunes diplômés deviennent senior au bout trois à cinq années d’expérience. Par la suite, un choix se présente à eux : soit ils restent dans l’audit, soit ils demandent une mobilité et se dirigent vers un autre métier. Il y’a également la possibilité de changer de secteur en restant dans le même métier. Par exemple un auditeur spécialisé en industrie lourde,  peut devenir un auditeur spécialisé en biens de grande consommation. Changer de secteur conduit souvent à un grand changement de la pratique c’est cela qui est intéressant dans l’audit. Pour les experts-comptables, l’évolution naturelle est l’installation de leur cabinet. Ils quittent KPMG, et se lancent dans le libéral.

LPJE : Sur le recrutement des seniors, il y’a des profils assez techniques recherchés, comment procédez-vous ?
SBC : Il faut savoir tout d’abord qu’il n y’a pas beaucoup de seniors sur le marché. Cela s’explique par une stabilisation dans leurs cabinets, sauf, s’ils ont des raisons qui les poussent à le quitter. Dans ces cas-là, nous faisons ponctuellement  appel à des chasseurs de tête pour des recrutements de niche comme en advisory par exemple. Mais nous remarquons souvent que ce sont les réseaux personnels de nos collaborateurs qui fonctionnent le mieux.

LPJE : Pourquoi choisir les métiers de la finance et de l’audit ?
SBC : Je pense, qu’il n y’a pas d’autres métiers dans lesquels  on trouve un développement aussi rapide, et une telle intensité. On ressent d’ailleurs une certaine adrénaline, lorsqu’ on écoute les seniors partager leur expérience. Cela s’explique par le fait que ces métiers sont rythmés par les besoins variés des clients. En terme d’avantages, il n y’a pas de monotonie car la clientèle et les équipes de management changent régulièrement. Ce changement permet de se développer personnellement  et d’apprendre en matière de comportement de travail. C’est pour cela que les profils issus de grands cabinets attirent autant les recruteurs en recherche de seniors pour leur direction financière.

Propos recueillis par Cheherazade CHIKHI

 

 

 

 

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